Quelques perles de Fantasia

juil 21
2010

Olivier Bilodeau
PointZabriskie

Le festival Fantasia fait vibrer les cinéphiles friands de films de genre. Horreur, animation, science-fiction, documentaires, rétrospectives et même des films pour toute la famille. Et ce n’est pas fini, la programmation éclectique de l’édition 2010 se poursuit jusqu’au 28 juillet. Voici un survol des films vus en trois Å“uvres qui ont laissé leur marque dans notre imaginaire.

Fantasia 2010

Somos lo que hay

Somos lo que hay (titre international: We Are What We Are) est le premier long métrage du réalisateur mexicain Jorge Michel Grau. Présenté en sélection officielle à la dernière Quinzaine des réalisateurs à Cannes, ce film ne manquera pas d’étonner et de fasciner les cinéphiles du monde entier, car c’est le genre d’Å“uvre promise à une belle carrière dans le circuit des festivals internationaux. En plein contrôle de sa cinématographie, Grau a donné naissance à un puissant drame, empreint d’une lourdeur qui crée à merveille l’atmosphère dérangeante et angoissante qui caractérise l’opus.

We Are What We Are

L’histoire est fort simple, un homme, père de famille ayant un fort penchant pour les prostituées, meurt. Lorsque sa femme et ses trois enfants l’apprennent, c’est la catastrophe la plus totale. L’homme malgré qu’il ait été peu fiable et causer bien des soucis à sa famille en ne s’acquittant pas de ses diverses obligations financières, se révélait être un pourvoyeur indispensable pour la survie de sa petite famille. Car celle-ci a cette particularité : elle est cannibale.

Pour se maintenir en vie, ses membres doivent régulièrement consommer de la chair humaine lors de rituels ésotériques. Maintenant que papa est mort, la tâche de pourvoir à ce macabre besoin familial revient à l’aîné qui ne sait trop comment s’y prendre. Parfois horrifiant et dégoûtant, Somos lo que hay est plus qu’un simple film gore mais se dévoile comme un drame familial où un groupe en déroute doit s’unir pour faire face à l’adversité.

La bande-annonce :


Lemmy

Lemmy est une légende vivant. Une telle affirmation peut paraître clichée mais c’est un fait. Fondateur et leader du groupe Mötorhead, la légende ne finit pas de prendre de l’ampleur depuis la création de son tout aussi mythique groupe en 1975. Dans le documentaire simplement et adéquatement intitulé Lemmy, des fans purs et durs du bassiste à voix rauque, Greg Olliver et Wes Orshoski, ont décidé de se munir d’une caméra et de suivre Monsieur Kilmister dans son quotidien.

Les admirateurs ont accès à leur idole 24 heures sur 24. Le documentaire contribue à nourrir la légende mais montre aussi, à notre grande surprise, un musicien ordinaire et humble même s’il incarne admirablement la philosophie sex, drugs and rock’n'roll. Pour preuve, il habite dans un petit coqueron à Los Angeles qui ressemble plus à un appartement de collégien.

Lemmy

Le film en soi n’a rien de révolutionnaire côté artistique. Il ressemble à n’importe quelle Musicographie que l’on voir le soir à Musimax. Mais l’originalité et la grandeur du personnage insuffle au film un supplément d’âme. Lemmy est un régal pour les fanatiques et un hommage à la hauteur du personnage.

La bande-annonce :

Fisshu sutori

Les festivals sont l’endroit par excellence pour faire des découverts inattendue. Fisshu sutori (titre international: Fish Story) est jusqu’à maintenant la belle surprise de cette édition de Fantasia. Le film du japonais Yoshihiro Nakamura captive, surprend et séduit de la première à la dernière minute.

Sur une intrigue de fin du monde, Fish Story est une brillante démonstration de la maîtrise de la narration multiple qui voyage à travers plusieurs temporalités. Les premières images du film nous montrent une ville japonaise abandonnée. Seul un homme s’y promène. Nous sommes alors en 2012 et un astéroïde s’apprête à détruire la Terre. Toute la population a fui en montagne, craignant le gigantesque tsunami résultant de l’impact du corps extra-terrestre avec notre planète.

Fish Story

Bizarrement, dans son errance, il trouve un disquaire qui tient encore boutique même devant l’imminence de la catastrophe apocalyptique. À l’intérieur, le vendeur et un client écoute la chanson d’un band punk nippon enregistrée un an avant la formation des Sex Pistols, groupe et figure emblématique de ce mouvement musical. C’est alors que le spectateur est transporté en 1975 pour l’enregistrement de la dite chanson. Un peu plus tard, un autre voyage dans le temps en 1982, puis en 1999 et finalement en 2009.

Sans être un chef d’Å“uvre, Fish Story est un divertissement de grande qualité qui se moque aussi des films catastrophe comme Armageddon. Un film tout frais à mille lieux des productions hollywoodiennes. Une programmation jouissive qui donne à Fantasia ses lettres de noblesse.

La bande-annonce :

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