Sacré Joaquin Phoenix !

juil 03
2010

Ismaël Houdassine
PointZabriskie

Un jour (il y a un an et demi) Joaquin Phoenix se lève et en plein apogée de sa carrière annonce au monde qu’il arrête son métier d’acteur. Hollywood pour lui, c’est définitivement fini. Une retraite dans les bois ? Une nouvelle carrière dans les œuvres de charité ? On sait que l’homme de 36 ans est végétalien convaincu et qu’il s’investit régulièrement dans diverses causes écologiques. En fait, rien de tout cela. Joaquin Phoenix veut tout simplement devenir chanteur de rap ! Pour quelqu’un qui a interprété avec autant de brio un Johnny Cash magistral, on s’attendait au moins à de la country.

Joaquin Phoenix

Qu’importe, la suite peut se résumer en un lamentable échec. Cette histoire aussi farfelue soit elle semble pourtant bien commencer. Joaquin Phoenix qui entre temps laisse pousser sous d’éternelles lunettes sombres une grosse barbe dégueulasse a déjà trouvé un producteur pour son nouvel album, nul autre que Puff Daddy himself.

Afin de prouver aux sceptiques ses bonnes intentions, il se lance dans la préparation d’un concert à Las Vegas. Il laisse même son beau frère Casey Affleck les soins de filmer ses prochains tubes sur scène. Le jour J s’avère une totale catastrophe. D’abord parce qu’on s’aperçoit très vite que Joaquin Phoenix n’a aucun talent en matière de hip-hop (vraiment ?) et ensuite parce que cette prestation que l’on peut retrouver sur Internet a fait crouler de rire la planète entière. En tout cas, ses nombreux admirateurs ne lui en voudront pas de revenir devant la caméra. Eh bien non, pour montrer qu’il ne plaisante pas du tout avec ses nouvelles aspirations artistiques, il ne se gêne pas à insulter la foule lors de l’un de ses autres pathétiques concerts donnés cette fois à Miami.

Après les rires, l’ex-acteur devient une sorte de risée médiatique. Un drogué ? C’est sûr, répondent certains analystes. Ah, voilà donc le pourquoi de ses lunettes de soleil qu’il porte en permanence afin de cacher ses yeux exorbités par les produits hallucinogènes.  Des chroniqueurs supposent même que notre pauvre rappeur déchu souffrirait de problèmes mentaux graves liés peut-être à son l’alcoolisme supposé.

La preuve : cette interview donnée en 2009 à l’émission de Lettermen le David Letterman Show. Attention, si l’on n’est pas prévenu, on croirait voir un clochard bien habillé tenter de s’exprimer sur ses dures conditions de vie. Joaquin Phoenix était pourtant censé faire la promotion du film Two Lovers de James Gray, le dernier long métrage dans lequel il joue. Le résultat, des phrases incompréhensibles et à la fin un chewing-gum collé sous le bureau du présentateur. No comment…

Et si tout ceci n’est finalement qu’une grosse plaisanterie, une blague quoi. Beaucoup y pensent sérieusement. D’autant plus qu’une piste de réponse pourrait bien se trouver chez l’un des proches de l’acteur. Car son beau frère Casey Affleck n’a pas lâché sa caméra depuis. Son documentaire sur l’après-carrière de Joaquin Phoenix vient d’être présenté en mai dernier à d’hypothétiques acheteurs de Los Angeles.

Intitulé I’m Still Here :The Waisted Year of Joaquin Phoenix (Je suis encore là : L’année gâchée de Joaquin Phoenix) cette œuvre en a déconcerté plus d’un. Si l’on en croit le Los Angeles Times qui a pu s’entretenir avec certaines personnes invitées lors de la très secrète projection de presse, le film serait un condensé de luxure, de pornographie et de vulgarité affichée. On y voit Joaquin Phoenix dans son plus simple appareil se taper des call-girls après avoir sniffé une ride de coke, rien de moins. Documentaire ? Fiction ? Canulars ? D’après les Inrocks, le procédé serait au fond un projet artistique. De toute façon, le film n’a pas encore pris preneur. Il ne reste qu’une sensation désagréable de s’être fait avoir. Sacré Joaquin !

Photo: Joaquin Phoenix en 2009. Crédit: Brian van der Brug / Los Angeles Times

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